03 Nov 2021

De quoi la campagne de dénigrement contre Zemmour est-elle le nom ?

Category: Grandes énigmes socialistes,Société (pervertie)Léo @ 19 h 27 min

Que l’on soit d’accord ou pas avec ses idées, il faut reconnaître qu’Éric Zemmour se démène comme un beau diable face à une liberté d’opinion passablement rétrécie. Il n’est d’ailleurs pas le premier polémiste à en découdre. Mais tous ont essuyé les mêmes réactions de dénigrement de la classe politico-médiatique. Pourquoi ? Analyse :

Comment on vous fabrique un monstre

La façon dont BFM a intitulé et présenté son reportage du 1er novembre « Zemmour, une obsession française » est assez symptomatique du pathos que le journaliste a déclenché au sein de la sphère politico-médiatique : « Une enquête inédite sur Éric Zemmour, ses réseaux, ses obsessions. Cette enquête ‘Ligne Rouge’ est enrichie de témoignages de proches, de conseillers, ceux qui ont assisté à la mue du journaliste en idéologue d’extrême droite » (sic).

On sent poindre, derrière ces termes de « témoignages », « mue », « idéologue d’extrême droite » l’horrible métamorphose d’un simple journaliste en bête immonde, tel un Hulk encore bien plus monstrueux car revêtu d’une chemise brune.

Sans vouloir défendre Zemmour le moins du monde, force est de constater qu’un tel tableau paraît tout de même un peu simpliste. Ne serait-ce pas plutôt son succès qui est devenu l’obsession pathologique d’une gauche qui a finalement perdu l’habitude d’être contredite ?

Une diabolisation orchestrée depuis Mitterrand

Bien avant Zemmour, plusieurs personnalités ont marqué d’une pierre le lent chemin de croix des tentatives de désidéologisation gauchiste du pays. Sans remonter jusqu’à Pierre Poujade ou Gérard Nicoud, dont les combats s’avéraient plus sectoriels et ne visaient pas encore la noosphère gauchiste, seulement la technostructure et son capitalisme d’Etat[1], il faut noter l’arrivée de Jean-Marie Le Pen comme premier véritable trublion de la gauche française[2].

Le coup de génie de Mitterrand a été d’assurer à la fois la notoriété du Front National et sa diabolisation. Une solide conversion au populisme et quelques méchants dérapages verbaux plus tard, le lepénisme a rapidement correspondu à ce qu’attendaient de lui Mitterrand et la gauche au pouvoir.

Une gauche dont les mauvais résultats socio-économiques nécessitaient de faire diversion de toute urgence sur un monstre quel qu’il soit, à condition qu’il se situe dans le camp d’en face, c’est-à-dire à droite.

Finkielkraut, le philosophe des nuances habillé en facho raciste

Les choses se sont un peu compliquées avec le philosophe Alain Finkielkraut, dont les prises de position ne cadraient pas vraiment avec la doxa gauchiste en matière d’immigration et de laïcité.

Certes, ni Finkielkraut, ni même Elisabeth Badinter qui avait osé contredire son propre camp sur ces sujets, ne représentaient une concurrence directe pour la classe politique. Mais le succès et la crédibilité du philosophe étaient tels que la gauche a lancé contre lui une campagne de dénigrement à la hauteur de son talent.

Très sobrement, Elisabeth Badinter s’était limitée à dire que l’académicien ne méritait pas les critiques dont il faisait l’objet, mais son geste n’en était pas moins héroïque face à la méchanceté des attaques.

Par quel maléfice en effet un passionné de littérature et de philosophie, un fin analyste des ressorts du comportement humain et des libertés d’opinion passait-il pour un fasciste ? Par quel sortilège un philosophe qui dénonçait les conséquences d’une immigration incontrôlée et les nouvelles formes du racisme passait-il pour raciste ?

Tout est dit lorsque le sociologue Mathieu Bloc-Côté déclare que la plupart des gens qui critiquent Finkielkraut ne comprennent pas ses thèses. A force d’ostracisme et de raccourcis de la part de médias majoritairement fédérés sous la bannière progressiste, le vulgum pecus s’estime presque en devoir de détester une personne dont les analyses pourtant lui échappent.

Fillon, le vilain petit canard libéral et catho

Du fait de ses origines et de sa retenue d’académicien, Finkielkraut a bénéficié jusqu’à présent d’un semblant de mesure de la part de la nomenklatura, ce qui n’a  pas été le cas d’un François Fillon.

Combiner en effet le conservatisme sociétal mâtiné de culture judéo-chrétienne avec un programme libéral pour réformer le pays, lors d’une élection présidentielle qui plus est, constituait pour la gauche un affront insupportable. La réaction de la classe politico-médiatique ne s’est pas faite attendre : aussitôt la primaire de la droite remportée par l’inconvenant, celui-ci a été évacué de la course à la présidence par des moyens aussi anticonstitutionnels et illégaux qu’efficaces[3].

A ce jour, on ne sait toujours pas si l’individu est coupable. Il n’est pas non plus question, ici, de le blanchir. Mais sa capacité de nuisance politique a été réduite à néant, tandis que rien n’a été entrepris de bien méchant contre ses homologues parlementaires qui bénéficiaient des mêmes largesses.

Tel a été le prix à payer pour avoir enfreint la domination gauchiste sur la plupart de ses territoires idéologiques historiques à la fois.

Zemmour, la nouvelle fixation de la gauche française

Avec Zemmour, la gauche bien-pensante se trouve face à une espèce d’extraterrestre qui cumule à lui tout seul des compétences d’orateur, de polémiste, d’analyste politique et probablement même de rival potentiel à la présidentielle.

Un accident pour l’emprise de l’idéologie gauchiste sur la classe politico-médiatique d’autant plus mortel que l’impétrant accumule les succès, que ce soit via les émissions où il apparaît, les livres qu’il publie ou pire encore, les meetings qu’il anime dans ce qui ressemble de plus en plus à une campagne électorale.

A la différence de Fillon, Zemmour viole les tabous de l’immigration et de la préférence nationale sans aucune retenue. Que l’on partage ou pas ses idées et ses approximations historiques ne change rien au fait qu’il déclare tout haut ce que probablement une majorité de Français n’ose exprimer que par le biais des sondages d’opinions. Sondages qui d’ailleurs donnent des résultats à peu près similaires quel que soit le pays européen où ils sont conduits[4].

Briser le consensus de déni, se gausser des vapeurs que le sujet provoque chez les dépositaires de la doxa actuelle, fédérer toujours plus d’électeurs potentiels sur ce sujet pourtant interdit, telles sont les circonstances aggravantes de Zemmour. En cas de candidature à la présidentielle, celui-ci doit s’attendre à tous les débordements possibles de la nomenklatura.

Une nomenklatura qui, de par sa domination sur le monde des idées, semble avoir oublié que la liberté d’opinion est un pilier fondamental de la démocratie. Une nomenklatura d’autant plus puissante que constituée non seulement de la grande majorité de la classe politique, mais également d’une majorité de médias qui rivalisent d’obéissance militante.

Les valeurs cardinales de la gauche française

Multiculturalisme, laïcité sélective, antilibéralisme et autoritarisme, telles sont donc les valeurs cardinales de ce qu’est devenu la gauche française aujourd’hui. Que l’on aime ou que l’on n’aime pas, telle est la norme. Et quiconque s’y frotte le fait à ses risques et périls.

Combien de bulldozers faudra-t-il, qu’ils soient érudits et pondérés comme Finkielkraut, ou provocateurs et approximatifs comme Zemmour, pour venir à bout d’un tel diktat et permettre de rétablir les conditions de débats d’idées dignes d’une démocratie apaisée ?

 

[1] Ce qui était déjà une caractéristique  socialo-communiste du pays mais cela n’était pas encore clairement identifié comme tel dans leurs combats

[2] Qui pour n’anecdote, prônait à ses débuts la baisse des charges et la libéralisation de l’économie, puis a abandonné ce positionnement pour exclusivement se consacrer aux combats que l’on sait

[3] Cf. « l’Appel des treize juristes » et de quelques spécialistes du droit

[4] Les sondages sont parfois contradictoires selon les spécifications des questions. Mais plusieurs d’entre eux font état de proportions allant de 55% à 75% d’opinions négatives dans de nombreux européens

Une réponse à “De quoi la campagne de dénigrement contre Zemmour est-elle le nom ?”

  1. Jérôme Barde a dit:

    Bonjour Léo,

    Excellent article!
    Mais pourquoi écrivez-vous: « Sans vouloir défendre Zemmour le moins du monde »?
    Cela sonne comme si vous vouliez vous dédouaner.
    Et si ce n’est pas le cas, pourquoi ne pas soutenir Zemmour, alors qu’il est le plus glorieux, défenseur de la liberté d’expression et chevalier contre le politiquement correcte…
    Et, ce qui me semble évident, le seul qui peut sauver notre pays du chaos annoncé!
    Amicalement,
    Jérome

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